L’éveil spirituel : entrez dans votre légende personnelle

Dans moins d’un mois je pars pour l’Indonésie. Ne sachant ni pourquoi j’ai choisi cette destination plutôt qu’une autre, ni ce qu’il y a à voir dans ce pays où les habitants parlent Anglais comme je parle l’un des 600 dialectes du pays. Sans itinéraire précis, j’arriverai à Jakarta avec pour seul plan de traverser l’île de Java pour parcourir les 1000 kilomètres qui séparent la capitale Indonésienne de Bali.

C’est la première fois que je part aussi loin et je suis terrifié à l’idée de partir seul, pourtant il est hors de question de faire marche arrière, je n’abandonnerais pas mes rêves une fois de plus.

Depuis plusieurs mois ma vie ne paraît être que destruction. Une alternance de colère, de culpabilité, de honte, de tristesse. Quand vous n’avez pas exprimer vos émotions pendant des années, cela fini par déferler en une vague inarrêtable. Un accident, une faillite, une séparation ou toute autre situation traumatisante et c’est le raz de marrée. Un tsunami émotionnel entraînant tout sur son passage.

Une chose est certaine c’est que j’ai besoin de prendre l’air, d’aller le plus loin possible. Comme si une force intérieure grandissait, cherchait un passage, une voie et me poussait à partir.

Il m’est impossible d’élaborer le moindre plan depuis un certain temps, n’arrivant plus à me concentrer sur quoique ce soit. De fait je n’ai aucune idée de comment je ferais pour atteindre Bali, ni ce que j’y trouverais. Peut-être un début de réponse.

La révélation

La soirée d’anniversaire de Marc, un ami de longue date, se déroule plutôt bien, le soleil est de mise en cette soirée d’été. A la tombée de la nuit, la fraîcheur de l’air nous incite à continuer la fête à l’intérieur.

L’ambiance est bonne enfant comme à l’habitude, cela faisait environ cinq ans que je n’avais pas vu Laurent, l’ancien voisin de Marc avant qu’il ne déménage à la campagne. Et je ne m’attendais pas à le revoir après une si longue période. Nous ne nous sommes revu qu’une seule fois depuis. La vie sait vous envoyer les bonnes personnes au bon moment.

Ce soir là il était toujours aussi enthousiaste et souriant mais le chaos intérieur dans lequel je me trouve a surement attiré son attention.

“Ça va comme tu veux Jérémy ?” Me demanda t’il d’un ton sincère alors que nous sommes seuls à l’extérieur.

Ce n’était pas comme lorsque vous arrivez au travail et que vos collègues vous demandent si ça va, par automatisme, comme pour dire bonjour, sans vraiment s’intéresser à la réponse. Non il semblait vraiment vouloir connaître la vraie réponse.

“Pas trop. Mon couple est en ruine et on ne se comprends plus.” Lui dis-je en ajoutant : “Je ne supporte plus ni mon travail, ni ma vie.”

“Qu’est-ce qui ne pas avec ton travail ?”

“Cela fait un an que j’ai terminé ma formation pour être titulaire, je ne me sens pas à ma place, j’ai le sentiment de ne pas pouvoir évoluer, de m’être laisser embarqué dans une voie sans issue et de m’être complètement oublié.”

“Qu’est-ce que tu veux faire ?” ajouta t’il.

Comment répondre à cette question quand vous n’avez pas la moindre idée de ce que vous voulez faire ? Cela fait des mois que je retourne de plus en plus loin dans le passé. Une introspection qui fait remonter les souvenirs d’un premier amour qui vous a trahi. Le moment où vous vous êtes résigner par amour, pour correspondre à ce que l’on attend de vous.

Je sais avec certitude ce que je ne supporte plus. Pour le reste je ne sais pas vraiment où je vais.

“Je veux voyager, découvrir le monde. Je me sens enfermé dans cette vie. Pour moi la vie ce n’est pas perdre son temps à essayer de la gagner. Je ne veux pas réussir dans la vie, je veux réussir ma vie.”

Alors que le reste de mon entourage ne comprenait pas vraiment pourquoi je souhaitais tout lâcher, Laurent semble être plus à l’écoute et comprendre que ce n’était pas une lubie. A partir de ce moment les mots s’enchaînent sans réfléchir, le socialement acceptable n’est plus le moteur de mes pensées et de mes paroles depuis pas mal de temps.

Malgré cela, je m’accroche à ce que j’aime faire, donnant des cours particuliers de mathématique. J’aime voir mes élèves réussir, les voir être fier d’eux lorsqu’ils parviennent à trouver la solution d’un problème qui leur paraissait insurmontable. Probablement que cela m’a aidé à ouvrir cette porte. Celle derrière laquelle ce petit enfant au cheveux blond et bouclé qui avait soif de grandir apporte ce qui semble être une solution à mon problème insurmontable.

“Je veux vivre pour apprendre ! Apprendre et transmettre ! Je veux m’élever spirituellement !” Lançais-je à Laurent.

Ces mots étaient si spontanés qu’il m’était impossible de les laisser disparaître, de faire comme si je n’avais pas entendu cet appel.

Ce n’était pas une simple envie. Cela provenait du plus profond de l’être, comme un cri de l’âme qui vous dit : “Va par là et ne t’arrête pas.”

Les activités vers lesquelles nous nous dirigeons naturellement nous apporte des informations essentielles sur nous-même. Écoutez ce qui surgit du plus profond de votre âme, ce que cet enfant a à vous dire. Que vous dit-il ? Il vous guide, laissez le sortir.

Le premier pas

“Un voyage de mille lieus commence toujours par un premier pas.”

– Lao tseu –

“Tu te poses des questions ?” me demanda Laurent, comme s’il connaissait déjà la réponse.

“Je n’arrête pas de m’en poser.”

“Veux-tu tirer les oracles ?” continua-t’il.

Voilà une question à laquelle je ne m’attendais pas et ma réponse était toute aussi inattendue.

“Oui je veux bien.” lui dis-je sans même savoir en quoi cela consistait.

Je m’attends à un tirage de carte ou quelque chose dans le genre auquel mon côté cartésien avait encore du mal à donner toute crédibilité mais le mot oracle m’interpela. Nous nous éloignons de la maison pour nous installer dans sa voiture située une cinquantaine de mètre plus loin. Je m’installe côté passager alors qu’il prend la place du conducteur. Comme si j’acceptais d’être guidé, de me laisser conduire vers une destination dont j’ignore l’existence.

“Que dois-je faire ?” demandais-je assez curieux.

Il sort alors de la boîte à gant un livre pas très épais. Sur la couverture je peux apercevoir le titre : Yi-king, le livre des transformations.

“Ça marche avec les énergies” me dit-il, “Est-ce que tu y crois ?”

“Je ne sais pas.”

“C’est normal, les milliers d’années d’influence Judéo-Chrétienne sont profondément ancrées dans l’inconscient collectif. Prends trois pièces identiques, frottes les dans tes mains en posant une question et jette les au sol.”

Il éteignit la lumière du plafonnier et me demanda d’éteindre mon téléphone portable pour ne pas que les champs électromagnétiques créés par l’appareil interfèrent avec mon énergie. J’exécute alors la manœuvre, pense à ma question, jette les pièces et lui donne le résultat.

“Une des pièces a été dévié par ta chaussure, tu peux relancer si tu veux.”

“Non, si la pièce a suivi ce chemin, c’est qu’elle devait le suivre.”

“Ok, il faut refaire cinq lancer pour en avoir six au total.”

Après le sixième lancer, il m’explique que le tirage du Yi-King nous permet d’obtenir une réponse à une question que l’on se pose. Le résultat des six lancer donne lieu à une interprétation selon l’ordre des différents lancer. Je commence à m’impatienter  pendant qu’il cherche la page correspondante à mon tirage.

“Tiens lis, ça ne concerne que toi.” Et il sort de la voiture.

Les mots que je lis sur cette page paraîtraient incompréhensible au premier abord, pourtant j’en absorbe le sens immédiatement, ils résonne en moi et jamais un livre n’avait provoqué une telle fascination. Ils ne parlent pas à mon intellect, ils s’adressent à mon âme et me font ressentir quelque de particulier à ce moment, comme un besoin de revenir à la maison.

Laurent accepte de me prêter son livre afin d’approfondir le sujet, il est maintenant temps de retourner à la fête.

Nous savons quand les choses commencent mais jamais quand elles finiront. Soyez à l’écoute des situations qui parlent à votre âme, du sens qu’elle font pour vous. Quels livres pouvez-vous lire pour nourrir votre âme ? Les quatres accords toltèques, le pouvoir du moment présent, l’alchimiste, l’homme qui voulait être heureux, Le pirate qui avait 1000 ans… Que demande votre enfant intérieur ?

L’éveil spirituel

“Le but n’est pas le but, c’est la voie.”

– Lao Tseu –

Les jours passent, je devrais préparer mon voyage, prévoir un itinéraire, me renseigner sur les moyens de transport, apprendre quelques mots d’anglais. Non, le Yi king a capté toute mon attention. En faisant quelques recherches sur son origine, j’apprends que ce livre appartient incontestablement aux livres les plus importants de la littérature universelle.

Ses origines remontent à une antiquité mythique. Presque tout ce qui a été pensé de grand et d’essentiel pendant plus de 3 000 ans d’histoire de la Chine, ou bien a été inspiré par ce livre, ou bien, inversement, a exercé une influence sur son interprétation, au point que l’on peut affirmer en toute tranquillité que le Yi King contient le fruit de la sagesse la plus achevée de plusieurs millénaires.

Les deux branches de la philosophie chinoise, le confucianisme et le taoïsme, ont ici leurs racines communes.

Les jours se suivent et le mouvement intérieur continu, il me faut du temps pour assimiler la profondeur du Yi-king, dès que le mental s’en mêle, tout va de travers. D’un autre côté les questions vont bon train.

Comment suis-je arrivé jusqu’ici ? Comment ai-je pu trahir ce petit enfant ? Faisant monter la colère, comme un bouillonnement intérieur. Mais celle-ci est différente de celle ressenti ces derniers mois. C’est après moi que j’en ai.

Alors que la loi de cause à effet commence à se dessiner dans mon esprit, la succession des évènements qui m’ont conduit dans une voie qui n’était pas la mienne émerge. Les choses s’éclaircissent dans la douleur.  Les souvenirs enfouis remontent. Tout ce temps à faire des choix pour être gentil, faire plaisir.

Je ne trouve plus aucun intérêt pour mes activités passées, pour les discussions sur la pluie ou le beau temps et j’ai le sentiment d’avoir perdu mon temps. Au lieu de travailler à réaliser mes rêves, j’ai passé ma vie à travailler pour réaliser ceux de mon patron et mon temps libre je le passais à réaliser ceux des patrons de chaînes de télévisions, des publicitaires. Repensant à ce petit garçon, parfois c’est comme si j’étais un aigle qui avait été élevé par des poussins, gâchant un potentiel inexploité.

Pourquoi l’alcool ? Pourquoi le tabac ? Pourquoi les drogues ? Pourquoi cet intérêt soudain pour la spiritualité ? Prendre soin de moi, de ma santé que j’ai trop négligé jusqu’ici deviens une de mes priorités.

C’est une étrange sensation qui se produit lorsque vous abandonnez tous vos anciens schémas et croyances et qu’en même temps vous sentez qu’une nouvelle graine grandie petit à petit. Comme s’il fallait faire de la place pour que le germe traverse la couche de terre afin que la nouvelle plante puisse grandir dans un nouveau terrain plus fertile, faire mourir l’ancien pour renaître à nouveau.

Après la découverte du Yi-king, les blogs de spiritualité et de développement personnel occupent mon temps et un article décrivant les 21 symptômes de l’éveil spirituel m’apporte les réponses sur ces étranges sensations. Là encore, les mots résonnent avec une force incroyable découvrant que je ne suis pas fou, que je me suis fais bel et bien conditionné par mon éducation, mes amis, l’école. Intériorisant les croyances d’une société avec laquelle je ne me sens plus en accord. La boulimie de lectures commence, avec les prises de conscience et les douleurs qui vont avec.

Le processus d’éveil spirituel continu, ressentant comme une élévation qui vous emmène jusqu’à cet état, ce sentiment de connexion à tout ce qui existe. L’idée de partir vivre dans un monastère au Tibet et rester dans cet état me traverse l’esprit. Ai-je atteins l’illumination ? Non, cette simple idée de vouloir rester dans cet état montre un attachement à cet expérience et dès qu’il y a attachement, vous êtes dans l’égo.

L’égo s’empare très vite de l’expérience pour se prendre pour une sorte d’élu qui a découvert la vérité et me voilà à essayer d’imposer celle-ci aux autres, comme pour les réveiller à leur tour. Vous vous formez un personnage plus spirituel que les autres, pensant que votre entourage est moins ouvert d’esprit, qu’il ne pense qu’au matériel. L’égo adore comparer, juger, critiquer. Croyant avoir tout compris, je n’avais rien compris du tout, j’étais juste dans l’égo spirituel.

Ce qui n’arrange pas le décalage créé depuis quelque temps avec mon entourage.

Je pars dans une semaine, et je vois bien que quelque chose semble ne pas aller. Le mouvement de conscience qui s’effectue d’avant en arrière vous colle parfois dans le mental qui tourne à une vitesse folle, ou vous donne la sensation d’être l’observateur. Revenant sur terre par moment, je confie mon inquiétude à Julie qui a supporté bien des débordements, accepté l’inacceptable pendant des mois. Car je commence à penser que ma vie est foutue, que je la passerai dans un hôpital psychiatrique. Mais elle reste de marbre. Comment lui en vouloir ? Bien des limites ont été dépassé, je récolte ce que j’ai semé.

Tout n’est que cause à effet, chaque choix quotidien aussi insignifiant soit-il vous éloignera ou vous rapprochera de votre idéal de vie. Soyez indulgent avec-vous même et acceptez d’avoir fait des erreurs. Nous sommes des êtres spirituel faisant l’expérience de la matière. Nous sommes là pour apprendre. Votre travail ne vous satisfait plus et c’est très bien ainsi. Faîtes-vous confiance, vous saurez bientôt quoi faire.

L’énergie

“Rester c’est exister, voyager c’est vivre.”

– Gustave Nadaud –

“Je ne sais pas quoi faire. Je ne sais pas où aller.” Dis-je à Marie qui travail avec moi à l’hôpital. Le travail, cela fait bien longtemps que j’ai le sentiment de ne plus y être  mais pour le moment je m’efforce de tenir le coup.

“Tu ne t’es pas renseigné sur ce qu’il y a à voir là bas ?” Me répondit-elle. Sa voix bienveillante m’apaise. Je ne me sens pas juger quand je me confie à elle mais à quoi bon se renseigner quand vous n’êtes pas capable de faire le moindre choix. Et puis l’inconnu m’attire depuis peu. Dans les moments de lucidité, je prends tout de même soin de déterminer les principales étape sur Java.

Plus l’échéance du départ arrive et plus je deviens une vraie pile électrique. J’ai le sentiment que tout va trop vite, et le manque de confiance entraîne les doutes avec ses scénarios tous aussi rocambolesque les uns que les autres : “Et si l’avion s’écrase, et si je me fais agressé, et si… et si…”.

“Un peu de courage, ne craque pas sous la pression.” Le doute est tellement présent que je ne fais mon sac que la veille.

Une trousse à pharmacie, sur ce point au moins je suis sûr de moi, mes papiers d’identité avec une copie de chaque, les vêtements, le Lonely Planet qui me permettra d’étudier mon chemin dans l’avion et le Yi-King. Ayant rendu l’ouvrage à Laurent, j’emmène la traduction de l’originale dans ma tablette.

Le covoiturage pour me rendre à Paris est confirmé, les dès sont jetés.

Le lendemain, ma bouche ne se ferme pas. Dès l’instant où je monte dans la voiture de la famille avec qui je ferais un bout de chemin, j’oublie tous mes soucis, la peur laisse place à l’excitation. Posant tout un tas de questions sur ce qui les ont amenés en Normandie, sur leur vie à Paris. L’échange d’expérience est selon moi le meilleur moyen d’apprendre et de s’enrichir mutuellement.

Le temps de faire le change à l’aéroport, d’embarquer et l’avion décolle. Java me voilà.

Pendant votre éveil, l’énergie que vous avez compressé pendant des années ne demande qu’à sortir, à être libérer, ne résistez pas. Servez-vous de cette énergie emmagasinée pour la diriger vers quelque chose dont vous rêviez. Prenez un peu de recul, le temps de vous retrouver, ressourcez-vous dans la nature. Soyez indulgent avec les êtres qui vous entourent. Tous n’ont pas conscience de ce dont vous prenez conscience. Ils font leur expérience également.

 

Je publierai ce genre d’articles chaque mercredi, c’est un exercice nouveau pour moi et votre ressenti m’intéresse car j’aimerai qu’ils vous apportent de la valeur et du sens. Donc n’hésitez pas à commenter et aussi à partager si vous avez aimé. Si vous n’avez pas aimé, partagez moi ce qui vous a gêné afin d’améliorer la narration au fur et à mesure.

Prochain article : La zone magique.

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