Les clés de la sérénité

Tout au bout de Java, Banyuwangi est une ville plaisante mais sans grand intérêt. C’est surtout pour moi la voie d’accès maritime vers Bali, l’île des dieux. Les nombreux temples sur l’île devraient nourri ma quête de spiritualité, car je me rends compte que c’est une des raisons qui m’a poussée inconsciemment vers cette destination. Il se passe quelque chose d’étrange depuis mon arrivée, plus je me dirige vers ma destination et plus je gagne en sérénité. Apaisant ainsi mes douleurs physique et mentales et diminuant le poids de la culpabilité.

Après avoir passé la nuit dans un hôtel miteux, où les rats courts dans les escaliers extérieurs, les cafard se cachent dans les placards et les voisins peut respectueux font un bruit infernal toute la nuit, je prends mon petit déjeuner dans l’établissement d’en face. Oubliant les désagréments de la nuit et la fatigue causée par le vacarme alentour.

L’hôtel s’est chargé de la réservation du transport jusqu’au ferry sur lequel je ferai la traversée.

L’environnement : optez pour la bienveillance

« Il y a deux catégories de gens intelligents : ceux dont l’esprit rayonnent et ceux qui brillent. Les premiers éclairent leur entourage et les seconds les plongent dans les ténèbres.»

– Marie von Ebner-Eschenbach –

« Vous allez à Bali ? » demandais-je aux trois aventuriers avec qui je partage le taxi.

« Oui, on va surement s’arrêter quelques jours à Pemuteran. » me répond Léa, avec son sourire très communicatif et son chapeau de cowboy qui lui va à ravir.

« Et vous venez d’où ? » pas très original comme conversation mais plutôt efficace pour poursuivre la discussion et trouver des points communs concernant notre périple.

Antony, le copain de Léa, dont les cheveux ébouriffés lui donnent un côté rebelle et Jessica sont tous les trois français. Antony et Léa sont en vacance pendant un mois, quant à Jessica, la plus aventurière d’entre-nous est parti depuis 7 mois de la France, venant de vivre une séparation de couple pour pouvoir réaliser son rêve : voyager autour du monde.

Moi qui avais plutôt tendance à éviter les européens pour pouvoir découvrir une autre mentalité que le consumérisme et l’apologie du toujours plus, j’avoue que j’apprécie leur présence et leur gaieté. J’aime leur façon de voir les choses et nous avons une vision du monde très proche. Et quel bonheur de pouvoir échanger sur des sujets dans lesquels nous nous retrouvons. Sans faire répéter trois fois l’interlocuteur ! Depuis bien longtemps, je me sens compris. Je peux m’exprimer sans avoir peur du jugement et du regard des autres.

Jessica est passionné de photographie, à l’instar de mon ami Yulianto et tiens un blog dans lequel elle partage son périple. Léa prend des notes afin de garder une trace des moments vécus le long son voyage, elle aimerait écrire un livre. Et Antony, il se laisse vivre.

Plus le ferry se rapproche de Bali et mieux je me sens. Un peu plus en paix. Bien qu’elle présente des richesses culturelles et naturelles incroyable, Java est plutôt difficile, surtout lorsque vous êtes seul. L’insistance des chauffeurs est vraiment pesante là bas, malgré plusieurs refus ils continuent de vous solliciter pour obtenir une course. Sans compter les pratiques pas toujours claires concernant le prix des prestations. Au moins cela m’a appris à dire non. Âmes sensibles s’abstenir.

Une dernière négociation musclée avec le chauffeur qui nous prend en charge à la sortie du ferry, et nous voilà en route, longeant la côte nord de Bali.

Le paysage à changé, cactus et palmiers cotoient les hibiscus, bougainvilliers ou encore jasmin. L’ambiance dans le bemo est reposante, calme. Pemuteran, située sur la côte, n’est pas une destination très fréquenté comparée aux lieux inévitables de Bali. Cependant,  ayant de décider de continuer avec mes trois compatriotes, il nous faut chercher un peu pour trouver un homestay qui peut nous accueillir tous les quatre.

Ce qui est chose faite grâce à Kadek, le jeune Balinais très serviable habillé qui nous accompagne paisiblement dans notre recherche pour nous trouver ce que nous cherchons.

Il y a quelque chose chez ce jeune garçon qui m’interpelle, de l’ordre de la douceur, de la pureté. Il dégage un tel calme, que sa présence fait tomber toutes les tensions en moi.

Kadek nous dégote des chambres tout confort à un prix modique, permettant même de prendre une douche de bien-être. Une douche chaude ! De quoi vous plonger dans un sommeil inaltérable.

Dans la recherche de votre bien-être, évitez les personnes à la critique facile, les éternels insatisfaits qui ne savent que prendre, sans donner. Ceux qui ne vous fréquentent que par intérêt ou qui vous dévalorisent vous tirerons vers le bas. Qui vous traite comme il se doit ? Vous appréciant à votre juste valeur, sans vous juger ? Vous permettant d’être vous-même ? Les personnes bienveillantes vous aideront à atteindre vos objectifs, d’autres moins bien intentionnés agiront par intérêts, opportunisme ou ne feront que projeter sur vous leur vision négative du monde… Choisissez qui vous entoure.

La connexion avec la nature

« La nature dit toujours quelque chose. »

– Nicolas Hulot –

Le lendemain matin, nous retrouvons Putu (Poutou), qui nous emmène dans sa camionnette pour une journée de snorkeling. Son dynamisme et sa spontanéité me mette en joie. Le jour, Putu accompagne les voyageurs à la découverte des sites de Menjangan. C’est dans le jardin de corail que nous nous immergeons ce jour là.

Ce site porte son nom à merveille. Sur le bateau, Putu nous donne les règles de sécurité et de bonne conduite afin de respecter le récif et de profiter au maximum de notre sortie avant de conclure par un :

« Don’t worry. Be happy ! » Comment les habitants de cette île font-ils pour faire preuve d’autant de sérénité ? Ils n’ont quasiment rien mais ont l’air si lumineux.

Nous nous jetons à l’eau par petits groupes dans une eau limpide dévoilant un récif multicolore éblouissant. La promenade se fait au fil du courant qui nous emmènera jusqu’au bout de notre excursion. Inutile de palmer, je me laisse porter et profite de la vue.

L’heure est à la contemplation, admirant la diversité des espèces et leur interconnexion. Tout semble si bien organisé. De temps à autre je plonge de quelques mètres pour observer les « patates » de corail plus inaccessible. Profitant de la sérénité du silence sous-marin.

« Don’t walk on the coral ! » s’écrie Putu. Il est très respectueux envers la nature et n’hésite pas à rappeler à l’ordre les plongeurs faisant halte, les deux pieds sur le récif, pour prendre une photographie. Dès que vous touchez un corail, il meurt. Fragilisant un écosystème indispensable à notre survie.

Le spectacle est fabuleux, je suis Putu qui connait l’endroit et ses habitants comme sa poche.

« Come ! » me dit-il en plongeant pour m’emmener à quelques mètres de profondeur afin de caresser avec tendresse les poissons clowns nichés auprès des anémones.

« She’s pregnant ! » s’exclame t’il émerveillé. Il a le sens du détail, il a réussi à déterminé que le poisson était une femelle en gestation rien qu’en lui touchant le ventre.

Nous finirons la balade en volant, parfois de façon très proche, au dessus d’un monde sérénissime, un monde à protéger.

La nature est à la fois un parfait enseignant et une source de bien-être abondante. Prenez le temps de la contempler, pour percevoir ce qu’elle a à vous dire. Ressentez comme elle apaise, elle est parfaite. Combien de temps prenez-vous chaque semaine pour vous balader en forêt, à la plage, faire une marche ? Quels endroits vous ressourcent ?

La maîtrise de soi : le secret des dieux

“Celui qui est capable de maîtriser son cœur est capable de conquérir le monde.”

– Paulo Coelho –

Au matin du deuxième jour dans le village, notre ami Kadek s’en vient à nous proposer une partie de pèche avec l’un de ses amis possédant une cabane sur pilotis.

« You come to fish. And eat the fish with me and my friends. »

Génial, la journée promet d’être riche en découverte. Kadek nous invite également à manger le butin de pêche avec ses amis chez ses parents.

La partie de pêche traditionnelle est payante, ce qui nous semble acceptable, c’est une façon de gagner  peu d’argent, mais il nous invite aussi généreusement dans sa famille. Voilà l’authenticité que je recherchais.

« I’ll come back this afternoon. » nous dit-il avant de nous laisser.

Nous sommes tellement impatients de partager un moment avec eux que les discussions vont bon train. Et aussi parce que nous essayons de vérifier si chacun à compris la même chose…

Revoilà enfin Kadek, mais les nouvelles ne sont pas bonnes. Le bateau de son ami est en panne, cependant il nous propose de pêcher à quai, pour le même prix…

« No it was not the deal. »

Jessica tente de négocier le prix de la partie de pêche, j’avoue que la situation me gêne un peu. La somme d’origine n’est pas mirobolante et le jeune garçon nous a rendu bien des services.

Kadek commence à foncer les sourcils, il y a comme de l’électricité dans l’air, une tension qui émerge soudainement. Étant toujours aussi hypersensible aux énergies alentours, une éponge à émotions en puissance, mon cœur s’accélère. Kadek ferme les yeux comme pour marquer une pose, marque une respiration plus lente et puis… Plus rien ! L’atmosphère s’est détendue en deux secondes et il accepte de diminuer le prix par deux.

Comment a t’il fait ça !? Je sais qu’il n’y a pas lieux de se mettre en colère pour une partie de pêche mais sa façon de passer de l’agacement, voir de l’exaspération, à l’acceptation pour revenir à l’équanimité qui le caractérise, en une respiration me laisse admiratif. Beaucoup plus que les talents de négociatrice de Jessica. Moi qui suis dans des hauts et des bas émotionnels depuis des mois je viens de prendre LA leçon qui changera ma vie à jamais.

L’après midi fût belle, mais le butin de pêche n’est pas exceptionnel. Peu importe, nous ferons avec ce qu’il y a. Pour ma part, cette soirée passé avec nos amis Balinais me nourri amplement.

Une émotion est une réaction intérieure à une stimulation extérieure. Les émotions sont contagieuses, la maîtrise de soi ne consiste pas à contrôler ou refouler les émotions mais à les accepter, les laisser naître puis disparaître d’elles-mêmes. Si vous résistez, que vous repoussez la sensation ou que vous vous y attachez, l’esprit réagit, faisant naitre des pensées et des sentiments puis des comportements. La loi de cause à effet coule en nous.

Le don de soi

“Le bonheur est souvent la seule chose que l’on puisse donner sans l’avoir et c’est en le donnant qu’on l’acquiert.”

– Voltaire –

La soupe de poisson préparé par la maman de notre ami était un délice. Epicé ! L’Asie est un paradis culinaire pour celui qui aime les plats épicés.

Ce soir, c’est la célébration de la pleine lune dans le village. Mais pas les « full-moon » que l’on peut voir sur les plages bondés de touristes alcoolisés au rythme d’une musique toute aussi psychédélique que les produits qu’ils absorbent.

« If you want, you can come with us, in my family for the celebration. »

Wow, Kadek y va très généreusement. Il nous confie qu’il ne fait pas cela d’habitude mais le courant passe bien et il souhaite nous faire entrée dans son cercle familial, dans sa culture, de façon beaucoup plus intime.

La cérémonie se déroule chez un membre de sa famille. Tout le monde est là visiblement, il doit y avoir une quarantaine de personnes.

Le geste de kadek me plonge dans une gratitude infinie. L’accueille et si chaleureuse, ces gens n’ont rien et ils vous donnent tout. Offrant de succulents beignets de bananes, pour grignoter le temps du « spectacle », venant échanger avec vous pour que vous puissiez comprendre toute la symbolique de la cérémonie. Une belle leçon d’humilité.

Je me rends compte à quel point j’étais dans le faux toute ma vie. Le bonheur ne vient pas de ce que nous possédons. Il est déjà là, dans les plus petites choses qui puissent être. Comme un sourire, un moment passé en famille, dans le fait de donner le meilleur de nous-même, de partager un bout de notre vie avec des inconnus.

Le lendemain, c’est le cœur lourd que nous quitterons nos amis pour continuer notre chemin. Merci à eux pour ces moments magiques.

Vous voulez être heureux ? Souriez aux personnes que vous croisez dans votre journée, cela vous sera rendu aussitôt. Que pouvez vous donner pour construire un monde meilleur ? Qui voulez-vous devenir ? Changez votre paradigme avoir, faire, donner, être en l’inversant. Être, donner, faire, avoir, voilà la clé d’un monde en paix. Et cela commence par faire la paix avec-nous même et avec nos proches.

 

J’espère que ce voyage vous aide à devenir petits pas par petits pas la meilleur version de vous-même. Si c’est le cas partagez cet article ou laissez moi vos commentaires. Avez-vous vécu des moments simples ou vous aviez un sentiment de tranquillité que rien ne pouvez perturber ? Si vous n’avez pas aimé cet article, laissez votre commentaire afin d’améliorer les prochains.

Revenir au début de l’histoire : L’éveil spirituel : entrez dans votre légende personnelle.

Article précédent : Avoir le feu sacré.

Article suivant : Visez la lune et vous atteindrez les étoiles.

 

Click Here to Leave a Comment Below 0 comments

Leave a Reply:

Dirigez-vous en pleine conscience vers votre légende personelle.

Accédez à un accompagnement pas à pas pour donner une nouvelle direction à votre vie.

Félicitations ! Vous venez de faire le premier pas vers votre légende personnelle. Le prochain est de vérifier votre boîte mail pour recevoir votre cadeau.